Maïchata Sampana : le handicap comme leitmotiv dans la musique

Article : Maïchata Sampana : le handicap comme leitmotiv dans la musique
Crédit: Staff
6 novembre 2021

Maïchata Sampana : le handicap comme leitmotiv dans la musique

15 juillet 2021 à Studio Tamani, émission « Tous au grin ! »

Née à Djafarabé, dans le cercle de Téninkoun, au Mali, le 14 avril 1992, l’artiste musicienne a fait ses études primaires et secondaires dans son village natal. Elle quittera ensuite les bancs de l’école pour rejoindre la capitale malienne, Bamako, en 2007. Privée d’un de ses membres supérieurs depuis son enfance, elle pense que l’infirmité, « c’est seulement dans la tête ».

A son arrivée à Bamako, après son échec à l’examen du DEF (Diplôme d’études fondamentales), l’artiste Maïchata Sampana fut accueillie par son oncle, Mohamed Sampana. Par la suite, elle intègre une association des personnes en situation de handicap, dénommée Emplois intégration des personnes handicapée au développement (EIHD.) Grâce à cet engagement communautariste, elle suit plusieurs formations professionnelles. D’abord en montage de projet, puis en coupe et couture au Centre d’orientation professionnelle de coupe et de couture (COPCC) de Bolibana.

C’est à ce moment que « Maïcha » intègre le monde de la musique dont elle a toujours rêvé.  En effet, c’est au sein de l’EIHD qu’on découvre son talent caché de chanteuse. Ses mentors l’encouragent à rejoindre l’orchestre de la communauté. C’est le début d’une carrière musicale fulgurante, entamée à l’insu de ses parents.

Plu-tard, cette fois-ci avec la bénédiction de sa famille, la vie artistique s’impose.  Elle représente le Mali avec l’orchestre d’EIHD dans trois éditions successives de Handi festival international au Sénégal. Sur la scène locale, celle qu’on appelle affectueusement « Fafa den » (l’enfant de Fafa) ou encore « Bozow den » (l’enfant des Bozo), émerveille. Elle a participé à trois éditions du festival Ogobagna organisé chaque année à Bamako, par ceux qu’elle considère comme ses enfants, les Dogons.

Destin tragique                                                                    

L’artiste décrit son genre musical comme de la musique « penta ». Faisant allusion à la gamme pentatonique, qu’elle rattache à la musique tradi-moderne malienne. Auteure de 5 clips et  d’une vingtaine de chansons dont les plus célèbres sont : « Gnoumakè » (le bienfait), « Kanou » (l’amour), « Je t’aime », « Yafama » (pardonne-moi), toutes ces chansons sont disponibles sur Internet.

La jeune musicienne travaille activement à la réalisation et à la sortie officielle de son tout 1er album, qu’elle compte baptiser « Dakan », (le destin). Comme pour faire écho à son tragique destin qu’elle a su transformer en « force ». A l’âge de cinq ou six ans, la jeune Maïchata est victime d’une terrible chute. Conduite à l’hôpital de Mopti tardivement, pour sauver sa vie, les médecins se voient dans l’obligation d’amputer son bras droit.  C’est pourquoi l’artiste adapte son style vestimentaire à sa situation physique, selon elle, cela n’a rien à avoir avec une honte de sa personne, comme beaucoup le pensent.

Surmonter le handicap

Décidément, le destin est impitoyable avec Maïchata. Peu après l’accident, elle perd son père biologique. Elle sera élevée par l’imam de Djafarabé jusqu’à son départ pour Téninkou, où elle passe un an chez Ousmane Diarra, un forestier proche de sa famille avant d’arriver à Bamako. Et depuis plusieurs années, elle est privée de l’amour de sa mère, dont la santé fragile empêche une communication normale avec l’artiste.

« Dakan », fait aussi un clin d’œil à l’univers difficile du showbiz au Mali où les coups bas, les chantages et harcèlements de tous genres ne manquent pas. Ce sont toutes ces épreuves qui ont forgé la carrière et l’immense talent de cette musicienne hors norme. Son mantra : l’infirmité « c’est seulement dans la tête ».

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