Quel avenir pour le journalisme au Mali ?

Dans la déontologie journalistique, il est clair que le journaliste ne doit jamais accepter de dessous de table, quels qu’ils soient, de ses interlocuteurs ou des personnes concernées par ses articles. Il a le devoir de s’assurer que ses articles sont emprunts de la plus extrême rigueur ; car « un manque de précision peut tromper ou induire en erreur le lecteur, avec pour conséquence,  de porter tort à des personnes impliquées dans  son article. » Contrairement a la déontologie journalistique, ce qui ce passe au Mali, c’est ici et nulle par ailleurs.

 «Je ne fais rien pour rien. ‘’Dôgô’’ (petit frère) tu  écris gratuitement pour eux aujourd’hui, demain ils te reconnaîtront plus », nous a confié un journaliste malien, avec une mine serrée. Pour ce dernier, ce n’est pas la gentillesse des politiciens  qui nous font vivre.

Un journaliste a souvent besoin  d’être accrédité pour couvrir certains événements. Au Mali, on nous appelle, et le cas échéant, il faudra oublier de t’inscrire sur la liste de présence des journalistes. Cette liste qui circule est réservée aux bénéficiaires des 5 000fcfa, souvent 10 000fcfa et plus. Tu tends la main sans être invité, dans le jargon tu es « prédateur ».  Ces sous, qualifiés de perdiem ou frais de carburant, normalement vont a l’encontre de la déontologie journalistique. Mais qui n’a jamais accepté un truc pareil dans ce pays ? Nombreux sont les hommes de médias qui ne sont pas, ou sont mal payés. Quel patron nous parlera d’éthique et de déontologie ?

Dans ma chère patrie, une autre façon d’exercer le métier du journalisme existe, différente de l’ordinaire connue. En ignorant les vraies informations d’ailleurs, le centre international de conférence de Bamako CICB devient un bureau pour certains journalistes, les «Prédateurs».  Ils siègent devant le portail du CICB (sous le manguier), les oreilles tendues. On entend parler d’un autre point de presse «juteux» ailleurs, paf : on change de cap. On traite quiconque de «trop pingre», de «pauvre»,  ou encore de «pas sérieux», qui ose appeler les journalistes sans mettre la main à la poche, voilà a quoi il faudra toujours s’attendre et on verra si l’article paraîtra ! C’est la raison pour laquelle les activités de l’Institut français du Mali (IFM) sont souvent boudées.

                                                           UNE MAL ORGANISATION.

D’après un journaliste d’un journal indépendant dont le nom ne sera pas divulgué, ces perdiems pour les uns et frais de carburant pour les autres rentrent dans le cadre de la publicité. «Ça n’a rien avoir avec le journalisme», conclut-il.

Pourtant l’art. 11 du code de la presse malienne demande de ne jamais confondre sa mission avec celle d’un publicitaire. Jeunes journalistes que nous sommes, devons nous mieux nous organiser pour bien réaménager ce milieu ou  se laisser toujours influencer par les théâtres et folklores existants sur le terrain, qui ne nous différencie pas des flics aux yeux de la population malienne?

Une mal organisation tape à l’œil dans le 4ème pouvoir malien et personne ne pourra dire le contraire. La maison de la presse (MP) du pays a-t-elle failli à sa mission ? Quasiment pas de formation à l’endroit des jeunes journalistes. Les confrères travaillent dans des conditions précaires.

Pourtant, plusieurs organisations existent normalement contre ces fléaux défavorables, tels que l’Association des éditeurs de presse privés (ASSEP), l’Organisation des journalistes reporteurs du Mali (OJRM), le Cadre de concertation des directeurs de publication (CCDP) et le Syndicat des journalistes reporter (Syjor). Mais, à quand une véritable application de la Convention Collective de la Presse au Mali ?

                                                                       PAR AILLEURS.

D’après ce que nous avons constaté ici, les correspondants de France 24 et RFI  n’acceptent pas de dons (perdiem). Nos investigations nous incitent à penser que ce malheureux phénomène est inexistant dans les autres pays tels que le Sénégal, la Cote d’Ivoire, l’Algérie, la Tunisie etc.

lindiallo

A propos lindiallo

Originaire de Rikou (Ouahigouya), à des km de Ouagadougou (Burkina Faso), je représente Un peulh perdu, à la recherche de sa langue et de sa culture. Je crois au plus grand défis du monde: rester serin, ignorer l’ignorance et d’aimer les êtres de l’humanité, au delà de leurs trahisons. Je suis pour ceux-là, qui pensent que le racisme ne paye pas. Un mélange du nord et du sud, ici bas, nous pouvons tous vivre ensemble en parfaite communauté, sans racisme ni terrorisme. Un africain né dans la région du Mali, je suis journaliste, blogueur qui réponds au nom de Lin dit Moussa DIALLO.
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